Chapitre 7 - Victoire
Dans les pas du médecin d'Ispahan
La 2e rentrée de P1 avait été beaucoup plus cool. Efficace. Plus de prise de tête sur ce qui ne servait pas vraiment, centrage sur ce qui compte. Le groupe d’amis s’était agrandi, et l’une d’eux suivait les cours dans l’amphi vidéo, plutôt que le grand amphi, en direct. Le cours était filmé et y était retransmis; vu qu’il y avait plus d’étudiants que le nombre de places du grand amphi, c’est ce qui avait été trouvé comme solution.
Camille en avait entendu parler, l’an dernier, mais... jamais osé essayer d’y aller ! Il paraissait qu’on n’entendait pas aussi bien, et ... elle ne pouvait pas se permettre d’essayer et rater une demi-journée de cours potentiellement, si ça n’allait pas : pas de retour arrière, une fois que tu étais d’un côté, tu n’aurais jamais eu le temps de re-changer en route si besoin.
Mais la copine était rassurante, alors, Camille avait essayé, cette année. Et en fait, c’était bien plus simple... avec l’image retransmise sur un écran taille cinéma, on voyait même mieux en fait ! Et ne pas être avec le prof ne changeait rien, de toute façon, puisqu’il n’y avait aucune interaction. On aurait même pu le suivre retransmis depuis chez soi, si cette technologie avait existé à ce moment. En plus on était pas embêté pour trouver de la place, puisque c’était moins connu comme solution (pourtant à 50 mètres de l’autre amphi). Résultat : au lieu de se masser comme des bestiaux dans la cour, attendant que le pré ouvre, on pouvait prendre un peu plus son temps et venir s’installer 5 minutes avant le cours, prendre le temps de discuter dans le hall avec les distributeurs.
Le seul hic était qu’un des distributeurs était un voleur, et oubliait régulièrement de donner la cochonnerie choisie. Il commençait à tourner, tourner, et... comme les machines de foire qui attrapent un nounours, mais le laissent toujours tomber à la fin, s’arrêtait toujours au moment où le paquet était au bord du précipice. Il fallait secouer le machin... ça créait au moins un peu d’entraide parfois !
Enfin, cette ambiance rendait tout de suite le contexte très différent. Associé aux méthodes très performantes acquises l’année précédente, Camille avait cette fois-ci été tout de suite dans le bain et concocté ses petites fiches dès le premier cours.
Un “bizuth”, plus grande gueule que les autres et ayant franchi le pas de venir directement en amphi vidéo aussi, peut-être jaloux de son système (elle avait tout le temps son petit classeur avec elle pour revérifier tout de suite les notions qui ne lui revenaient plus), se moqua un peu et lui demanda si c’était comme ça qu’elle comptait avoir le concours. Ne s’en formalisant pas plus que ça, du haut de quand même son expérience d’un an, et assez confiante dans son système, elle lui répondit simplement que oui. Puis la conversation partit, sans qu’elle se rappelle trop comment, sur la vocation de médecin... le bizuth bizarre, avouant sans détour que de toute façon, pour lui, médecin c’était pour se faire de la thune. Comme si, Camille, elle, était à côté de la plaque de faire ça pour juste soigner les gens.
Elle n’était pas naïve, et savait qu’il y avait aussi des médecins pas franchement corrects, mais trouvait gonflé quand même d’oser avouer ça, le revendiquer même, et le trouva vraiment ... imbus de lui-même et sans doute bien trop confiant pour apprendre assez sérieusement, en fin de compte. Elle décida qu’il n’était pas du tout une menace au final, parce qu’une motivation comme celle-là lui paraissait bien insuffisante pour tenir le rythme de toute l’année. Elle l’avait déjà vécu, elle, et traversé, elle savait ce que c’était. Réviser juste pour avoir sa place, sans vraiment être intéressé au contenu... sauf si c’était un crack qui retenait tout sans effort, ce qui était possible aussi, ça ne paraissait pas très solide. Bref, elle ne s’en formalisa pas et le laissa à ses rêves d’argent facile (pas facile du tout !! il y a sans doute bien plus rentable comme voie que celle-ci, se disait-elle).
Bref, elle remit en place sa machine de guerre à base de dictaphone, reprise des cours programmée chaque soir selon l’ordre des matières, fiches au fur et à mesure, révisions pour les sous-colles, dans lesquelles, cette fois-ci, elle cartonnait carrément sans problème, café, Code Quantum, et quelques sorties avec les copains.
L’année se passa comme ça, le groupe de copains se consolidait, chacun se soutenait, même sans beaucoup de mots. C’était une ancre à laquelle on pouvait se raccrocher. Les autres traversaient les mêmes difficultés. Même ceux qui étaient partis en pharma. On se racontait ses histoires, de chaque côté. Comment était tel prof, ce qu’ils apprenaient d’autre de l’autre côté ... puisque la fac était commune, et qu’ils étaient juste dans un autre amphi dans la même cour. On mangeait généralement ensemble le midi, et puis on sortait de temps en temps.
La semaine des partiels arriva, Camille se sentait prête. Toujours à réviser encore des choses de dernière minute, quand même.
“Arrête de réviser”, lui dit, Arthur, “tu vas te mélanger !”. Chacun son truc, et sa façon s’apprendre, visiblement... Relire une dernière fois les quelques choses qui lui semblaient lui échapper, vu tout le travail fait avant, ne la mélangeait pas et s’avérait d’habitude plutôt utile. Elle ne pouvait pas s’en empêcher, en plus.
Top, dernier moment, les sacs sont posés à l’avant de l’amphi, installation, une place sur 2, et un rang sur 2, et c’est parti. Ca faisait que du coup les P1 occupaient 4 amphis, pendant les examens. Camille était positionnée dans l’amphi vidéo, c’était agréable pour elle parce que du coup, elle s’y sentait un peu chez elle. Plus petit que le grand amphi, plus cosy...
Question d’anatomie de cette année : le coeur. No problem. Camille avait bûché ça comme le reste, super bien dessiné, pour le coup, pas de difficulté majeure à mémoriser, car tout était logique (en même temps que juste connaître l’anatomie, tu étais censé savoir aussi à quoi servait quelle cavité, donc, partant de là, tu ne pouvais pas te tromper). Elle était très fière de son dessin, indiqua toutes les annotations et explications nécessaires, la vue face, la vue arrière, la vue en coupe, frontale, et sagittale. Tout. Limite, elle aurait pu opérer un coeur demain, si elle avait su comment s’y prendre. En tout cas, elle se le représentait parfaitement dans l’espace, et elle savait que c’était bon. Hop, juste le temps de finir, et la sonnerie retentit. Elle déposa sa copie satisfaite. Elle se disait quand même, qu’ici, du coup, on avait un concours d’un niveau au-dessus des autres, en anatomie... parce qu’elle avait appris que dans les autres facs, les autres faisaient juste des QCM ! Pas besoin de tout redessiner ! Bon, en même temps... maintenant que c’était fait, elle trouvait que c’était quand même le meilleur moyen de la maîtriser vraiment.
Ce fut pareil ensuite pour l’embryologie, la cytologie... Camille sourit, quand elle vit “globule rouge biconvexe”, puis “double couche protido-lipidique. “Haha,” se dit-elle, “vous ne m’aurez pas avec ça ! C’est des phospholipides !”
Le distributeur du hall était toujours rebelle, et entre les épreuves, les mégots s’accumulaient aux portes côté jardin. Camille se disait qu’on pouvait sans doute savoir directement quand étaient les épreuves, sans avoir besoin de voir le planning, juste en regardant l’évolution de la quantité de mégots. C’était impressionnant. Certains fumaient clope sur clope dans les 10 min entre les épreuves. Camille stressait aussi, évidemment. Mais cela lui faisait se rendre compte à quel point fumer était piégeux, du coup. On voyait bien que là ça avait quelque chose d’irrépressible... une fois que tu as trouvé ça pour te soulager du stress, c’est compliqué de faire autrement... Elle... restait juste avec son stress, révisait dans sa tête, discutait, c’est tout.
Elle avait d’ailleurs su, quelques années après, qu’une collègue bien mieux classée qu’elle, qui avait toujours l’air si zen… avait pris des amphet pendant le concours. “Mince, rien que ça !” s’était dit Camille. Mais... c’est comme une drogue, en fait, là... C’était surtout étrange la façon dont elle lui avait dit ça (au moins c’était pas une rumeur, c’était de source sûre pour le coup) : d’un air parfaitement assumé, genre, normal. Camille ne sut trop que dire. Elle ne jugeait jamais les gens trop vite, sachant que les choses sont souvent plus compliquées qu’elles n’en ont l’air. Mais quand même, sa première réflexion, intérieurement, était : “Pourquoi pas de la coke aussi tant que t’y es ?” Ca… cadre pas avec médecin, c’est bizarre non ? Est-ce qu’il y en a beaucoup d’autres qui ont fait ça ? Mais elle a peut-être ses raisons ? Et puis en même temps... ce n’était pas très juste, finalement. Elle, elle avait eu le concours à la régulière. Pas en poussant sa résistance au-delà des limites ! Donc finalement... difficile d’évaluer si elle était tellement meilleure qu’elle au final. Ca décrédibilisait ses résultats.
Bref : chacun gérait comme il pouvait.
Tout ce que Camille avait essayé de plus fort, plus tard, c’était le mélange Coca - café - Guronsan. Une fois. Bon, ça fait pas bon mélange. Comme dit l’autre, “y en a qu’ont essayé, ils ont eu des problèmes !” On ne peut plus dormir mais ça ne permet pas de réviser non plus, quand on est vraiment épuisé. Moralité : une nuit de perdue pour rien. Le seul remède, c’est : dormir régulièrement. Donc des amphétamines... waouh... Camille n’était pas prête à attenter à sa santé à ce point, pour le concours. Elle n’en aurait pas eu l’idée. On joue franc jeu. Ca marche, ou pas, mais si ça doit marcher, ça doit être dans les règles.
Enfin, à ce moment, Camille ne le savait pas.
Le jour des résultats arriva. Camille était nerveuse, finalement plus que l’année précédente. Là c’était vraiment quitte ou double ! On pouvait rarement faire une 3e fois, ça arrivait, mais c’était exceptionnel et Camille ne savait pas bien à quelles conditions c’était possible. Donc, pour elle, c’était probablement maintenant ou jamais. En faisant le chemin pour aller voir les résultats, elle repensait aux épreuves, se refaisant mentalement la notation probable dans sa tête. Essayant d’imaginer aussi quoi faire, si elle ne l’avait pas. Elle ne savait pas. Vraiment... pas d’idée. Pharma, non, ça ne lui disait rien. Autre chose ? Quoi donc ?
Elle arriva dans la cour, 1h après l’affichage prévu des résultats, inutile d’y aller avec toute la foule, ça ne changera pas le résultat. Elle préférait gérer tranquillement ce moment, aussi.
Elle chercha dans la liste... reconnut quelques noms qu’elle connaissait. Oh ! Sa copine Coralie !! 45ème, waouh ! Super, elle avait cartonné ! Elle continua... et se trouva enfin ! Yahou ! 66ème ! 66ème ? Vraiment ? Elle relut 3 fois la ligne pour être sûre. C’était bien son nom qui était en face de 66. Camille sentit une sorte de vague chaude l’envahir, un peu un vertige aussi, ça y est ! C’était fait ! Son rêve se réalisait ! Elle allait continuer !! C’était pas rien, 66ème sur 80. Elle avait été meilleure que plus de 500 personnes ! Elle ! Meilleure que l’autre zozo qui voulait être médecin pour les sous, nettement même. “Haha”, riait-elle intérieurement, quand même. Ca lui apprendra à être si sûr de lui ! Même si elle avait assez confiance dans sa méthode, elle n’était pas un crack non plus, depuis le collège et le lycée, donc elle avait quand même eu assez peur, malgré tout, que ça ne passe pas. Mais là ça y était ! Vraiment ! Avec 14 de moyenne. Bon, vu ce qu’elle avait fait, elle aurait vraiment pensé avoir plus. Mais, peu importe, le principal était de passer.
Et soudain, lui reprit l’idée : et les copains ? Sont-ils reçus ? Elle continua la liste... mais, non. Arthur avait honorablement 12 de moyenne, mais... 180ème. Ca lui fendit le coeur. Quel dommage, qu’est-ce qu’il va être déçu... ça voulait dire aussi qu’elle le perdait, dans ce parcours. Ca ne serait plus pareil, ils ne pourraient plus se soutenir autant. Pour les autres copains, elle ne pouvait pas savoir, les résultats des pharma n’étaient pas en même temps.
Toujours sur son petit nuage, quand même, elle se dit “Au fait, et maintenant, en fait ? Je dois faire quoi ? C’est quoi la suite ?” Elle trouva sur le côté des résultats, une feuille qui affichait la suite, justement. Une liste de livres à lire, pour l’année prochaine, autour de l’histoire de la médecine, et l’information sur le stage infirmier à réaliser pendant l’été. Il fallait aller voir le secrétariat pour savoir comment ça fonctionnait.
Elle y alla directement, et prit les renseignements. Elle allait donc faire 15 jours de stage, comme si elle était une apprentie infirmière, en neurologie. Waouh ! Elle rentrait déjà à l’hôpital, ça devenait concret ! Elle se sentait très impatiente d’y être.
Sur le chemin pour rentrer, elle alla voir à la bibliothèque municipale : quelques uns des livres requis étaient disponibles, elle les emprunta, et rentra.
Plus tard cet après-midi-là, sa copine Coralie, qui était reçue, la seule donc de la bande avec elle, sonna chez elle et lui sauta dans les bras, toute contente ! “Tu as vu, on est reçues, on est reçues !” Elles sautaient partout, littéralement, dans l’entrée de la maison de Camille !
Finalement, il n’y avait qu’elles deux, dans le groupe, à passer. Ca réduisait la troupe… elle ne connaissait aucun des autres reçus.
Il n’y avait pas de cérémonie non plus, quoi que ce soit. Ca contrastait avec les séries américaines où les diplômes étaient remis avec tout le cérémonial approprié. Ca ne changeait pas le résultat, mais Camille ne pouvait s’empêcher de constater l’écart entre ces cultures. Ici, tu fêtais ta victoire si tu voulais, mais il n’y avait pas de reconnaissance particulière, de fête, avec la fac. Pas non plus trace d’un prof ou de quelqu’un qui vient féliciter les jeunes recrues, quelque chose … qui fasse esprit de corps, d’appartenance. Elle pensait que ça aurait vraiment été bien d’avoir quelque chose qui marque le coup. Qui permette aussi de découvrir tes nouveaux camarades de promo… à 80, il y avait sans doute moyen de se connaître un peu plus qu’à 600, et puis, on savait qu’on en avait pour un moment à se suivre…
Mais, le principal était là, et elle le savourait très bien même comme ça. Elle deviendrait médecin.
Camille passa l’été à lire, se promener ... Les livres recommandés étaient une bonne surprise... rien à voir avec le style des cours, c’était plutôt destiné à faire réfléchir pour le coup !
Camille avait commencé par Le Médecin d’Ispahan. Bonne pioche, c’était vraiment passionnant et motivant ! Se rendre compte qu’on savait déjà autant de choses à cette époque-là, et en plus, pas en Occident ... était plutôt dépaysant. Après tout, ce sont les Arabes qui ont inventé les chiffres que nous connaissons. A l’époque, ils étaient aussi bien plus en avance que nous sur la médecine ! Pendant que l’Europe en était encore à des idées dogmatiques et sans fondement, Avicenne avait déjà compris que des maladies pouvaient se propager par l’air ou l’eau, 8 siècles avant que Pasteur ne le démontre ! Il avait aussi compris la circulation sanguine, 6 siècles avant Harvey, savait déjà anesthésier des gens pour les opérer plutôt que les laisser hurler, et compris que les émotions pouvaient jouer sur le rythme cardiaque et le système digestif. C’était... impressionnant. Etrange aussi de se rendre compte que nous, censés être si en avance, la civilisation qui allait coloniser ailleurs, pensant avoir le savoir plus que les pays où elle arrivait... n’avait pas pu se nourrir des connaissances déjà existantes à ce moment en Orient et mis des siècles à parvenir au même niveau ! A Ispahan, on cherchait déjà des causes logiques aux maladies. Camille se sentait tout à fait comme Rob, le héros de l’histoire, ravi d’apprendre et prêt à tout pour comprendre et savoir, avec les connaissances les plus à jour et efficaces. Cela la motivait encore plus !
Ensuite il y avait eu Le normal et le pathologique, de Canguilhem. Au premier abord, c’était... aride. Pas du tout romanesque, celui-ci, un essai tout ce qu’il y a de sérieux, mais bon, le titre intriguait quand même. “C’est quoi la question avec ce qui est normal ?” se demandait Camille. Ca paraissait assez clair, ce qui était normal, ou pas, jusque là. Tout ce qu’elle apprenait se référait à ... des valeurs normales. A part, justement, son interrogation sur l’histoire des taux de spermatozoïdes... une norme qui varie, dans un organisme qui n’a pas changé depuis des millénaires... c’était bizarre ! Ca ne cadrait pas, justement, avec le reste. Et Canguilhem lui donnait raison. Il réinterrogeait complètement la notion de “normal”... alors qu’elle est centrale en médecine. On cherche à réparer, par rapport à un état qu’on considère physiologique. Mais jusqu’à où on considère que c’est normal, ou pas ? On peut être dans une course à vouloir tout rendre trop normal, alors qu’il n’y a peut-être pas de raison parfois, et que finalement, peut-être que ça peut faire plus de mal que de bien... Or, Hippocrate a dit “Primum non nocere1”. Ca, Camille l’avait bien retenu et trouvait ça vraiment très sage. Toujours à se rappeler, ça, avant d’agir. Est-ce que ça va réellement améliorer d’agir ? A vérifier, et se questionner, toujours.
C’était vraiment intéressant, de se poser la question. C’était finalement de la philosophie médicale.
Vu la façon dont les cours étaient donnés, ça étonnait Camille qu’on leur fasse lire des choses qui poussaient à réfléchir... tant mieux, mais qui était à l’origine de rendre ça obligatoire dans le parcours ? Où était cette personne qui réfléchissait et voulait que les futurs médecins soient formés à le faire ? Elle aurait tellement aimé le ou la rencontrer et pouvoir échanger. Mais, la liste n’était pas connectée à un professeur. Même si ça avait été le cas, d’ailleurs, elle n’aurait pas su comment le contacter. Peut-être que ça voulait dire que les années suivantes, on pouvait faire partie un peu plus de la réflexion.
En tout cas, elle profita beaucoup de cet été, entre lectures passionnantes, balades en ville, et sorties avec les copains (après avoir attendu un peu que leur déception soit passée).
D’abord ne pas nuire.

